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Ville de Waterloo Quebec
La ville de Waterloo, Quebec est une des aires desservies par Luce Deslauriers, agent affilié de La Capitale Vendu Missisquoi, et son équipe d'Immobilier Bromont.
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Des premiers chemins tracés par John Savage, en passant par les voies ferrées d'Asa Foster et jusqu'au récent réseau de pistes cyclables, Waterloo Quebec semble avoir toujours eu cet irrépressible goût de s'ouvrir sur le monde. Un peu comme si de savoir la voie libre permettait de mieux vivre chez soi...
Waterloo Quebec, aux portes de l'Estrie, est située à proximité de trois villes importantes de la région, Granby, Bromont et Magog. L'Estrie toute entière est célèbre pour sa beauté; Waterloo, en bordure du lac du même nom, ne fait pas exception. Nichée au creux des premières collines des Appalaches, entourée de fermes et d'érablières, cette ville, aux dimensions humaines avec ses quelque 4 140 habitants, offre des points de vue exaltants.
En 1792, le loyaliste John Savage réclame du gouvernement canadien le canton de Shefford, un territoire vierge d'une superficie d'environ 16 kilomètres carrés ponctué de montagnes et de vallées, de lacs et de rivières. Seuls quelques Abénakis chassent alors dans la région de Sherbrooke et Sutton avant de descendre plus au sud.
À cette époque, au lendemain de l'adoption de l'Acte constitutionnel (1791), le gouvernement favorise ouvertement le développement démographique anglophone afin de contrebalancer la présence francophone. À tous ceux qui, fidèles à la Couronne d'Angleterre, désirent s'établir pour développer les terres du Bas-Canada, il donne des «townships», c'est-à-dire des cantons.
C'est dans ce contexte politique et dans des conditions extrêmement difficiles que Savage, appuyé par une trentaine d'associés pas forcément aussi loyalistes que lui, trace les premières pistes. Pour faciliter l'ouverture de ces pistes, les hommes recourent à la méthode du «domino»: ils déterminent la ligne d'abatage des arbres en s'alignant de manière à ce que le premier arbre fasse tomber le suivant qui s'abat sur le troisième et ainsi de suite. Comme bête de somme, ils utilisent le boeuf, plus facile à nourrir et plus robuste que le cheval. De préférence, ils se déplacent alors que le sol est suffisamment gelé pour ne pas s'y embourber; cette saison offre aussi aux défricheurs l'avantage de pouvoir s'orienter plus aisément, les arbres étant dépouillés de leur feuillage.
C'est l'année suivante que le premier colon, Ezekiel Lewis, s'établit à Waterloo Quebec. Pendant près de sept ans, il défriche près de 10 acres de terre au coude de la rivière Yamaska (lot 24). Le courant vigoureux et constant de la rivière lui permet d'ériger un premier moulin à scie. Cet emplacement (coin Allen et Foster), le plus vieux site habité de Waterloo Quebec, marque le développement du village. Avec le temps, une série de moulins s'y succèdent pour répondre aux besoins des pionniers: moulin à bois, à carde, à farine...
En 1829, le noyau de la colonisation de Waterloo Quebec est fermé: ce sont les familles de Joe Clark, de Daniel Taylor, d'Adolphus Benner d'Hezekiah Robinson, de Samuel Brown, de Durvilla Lawrence et de Charles Allen. Déjà, on y trouve une première école anglophone, une église protestante, tous les moulins nécessaires, un magasin général, le Old Stone Store (emplacement de l'actuel magasin Marois Video), fondé par Hezekiah Robinson. Charles Allen, associé à Daniel Taylor, enclenche le premier mouvement d'industrialisation de Waterloo Quebec: les deux hommes ouvrent en 1835 leur première fonderie. La Allen & Taylor fabriquera pendant plus de 140 ans de la tôle, des poêles et des tuyau de poêle, des instruments aratoires et mécaniques.
La première Société d'agriculture de comté de Shefford est créée en 1834. Les expositions agricoles qu'elle organise chaque année connaissent un grand succès. En 1840, Waterloo Quebec est reconnue comme chef-lieu du canton. De nouvelles familles s'y installent, attirées par son dynamisme et sa réputation. Vers 1856, Lucius Seth Huntington, opposé à la Confédération canadienne et convaincu de l'importance d'informer les citoyens sur l'évolution du monde, fonde l'Advertiser, le premier journal de la région qui sera publié pendant près de 90 ans. Afin de donner un écho francophone à l'Advertiser, Joseph-Antoine Chagnon fonde en 1892 le Journal de Waterloo. Cette initiative souligne la présence de plus en plus significative des francophones venus principalement de la Vallée du Richelieu vers 1860 pour répondre à la demande croissante de main-d'oeuvre.
L'âge d'or de Waterloo Quebec correspond au «siècle des lumières» qui voit naître l'électricité, la photographie, le cinéma, le téléphone, bref les grandes inventions qui transfigureront le XXe siècle. Les années 1860-1880 sont marquées par l'arrivée du chemin de fer qui déclenche alors un essor économique encore inégalé. Un nom domine cette période, celui d'Asa Belknap Foster que l'on surnomme le «Roi du chemin de fer canadien». Sa contribution pour le développement économique de Waterloo Quebec est sans égal.
Né en 1817 à Newfane, au Vermont, il obtient dès l'âge de 24 ans le contrat de construction de la ligne Boston & Portland Railway. C'est en 1858 que Foster s'installe à Waterloo Quebec dans un somptueux domaine. En 1862, il achète la presque totalité des terres libres du village, côté est et côté ouest, de l'actuelle rue Allen au Pré-Sec, et les lotit pour favoriser le développement de la partie sud. Il aménage la rue principale et y fait construire plusieurs immeubles de briques de même qu'un hôtel, le Foster House. Entre 1858 et 1877, année de sa mort, Foster construit à Waterloo Quebec des tronçons de chemin de fer, une gare et une plaque tournante pour les locomotives, un atelier mécanique, des hangars, un moulin à vapeur qu'il donne aux tanneurs Fayette, Brackley et Shaw à la condition qu'ils y construisent une tannerie et une manufacture de cuir. Il donne aussi aux Églises des terrains pour qu'elle puissent ériger leur temple. Tour à tour, il est le maire et député (1858), conseiller législatif pour la division de Bedford (1860) et sénateur en 1867, année de la Confédération et de l'incorporation de la ville de Waterloo. C'est à Foster que Waterloo Quebec doit l'arrivée du premier train, le 18 août 1861. Ce jour marque l'ouverture du petit village sur le monde: Waterloo exporte désormais sa production de cuir et ses dérivés, ses produits des forges et des fonderies, ses champignons («Slack») jusqu'en Europe et en Amérique Latine, en passant par les Etats-Unis.
En implantant le réseau ferroviaire, Foster ouvre Waterloo Quebec aux grands centres urbains. Les hommes et les chevaux travaillent d'un même effort pour transporter et charger sur le prochain train les cuirs de la tannerie Shaw, les équipements de fla fonderie Allen & Taylor et les chaussures de la Waterloo Boots and Shoes.
Le train permet aux industries de Waterloo Quebec d'accéder à des marchés jusque-là inaccessibles, profitant ainsi pleinement de cette ère de bouleversement. Cette effervescence économique favorise également l'essor du coeur de Waterloo Quebec où s'implantent boutiques et commerces. Un véritable lieu de convergence se développe. Des voyageurs apportent dans leurs bagages les nouvelles et les tendances d'ailleurs. Le coeur de Waterloo bat au rythme de la vie de l'ouvrier et du commerçant, des ententes et des échanges.
Les traces du passé racontent l'évolution de la ville. À Waterloo Quebec, ces traces prennent le nom des rues Allen, Taylor et Shaw, à la mémoire de ces pionniers de l'industrie; le carré Foster, le plus ancien parc de la ville, et la rue Foster, long ruban de boutiques et de commerces qui s'étirent du site de la gare jusqu'à la sortie du premier village de Waterloo, témoignent de cette figure emblématique qu'est Asa Belknap Foster.
Des immeubles d'intérêts patrimonial de la rue Foster rappellent le souvenir de personnages importants. S'y dresse la résidence du Dr Blake, construite en 1864 dans le style Nouvelle-Angleterre et dont l'intégrité architecturale est remarquable. La maison du Dr Larose, érigée en 1866 dans le style colonial français, abrite aujourd'hui la cordonnerie L'Échoppe du Savetier. Le plafond de la boutique, une merveille, mérite qu'on s'y arrête. La boulangerie Beignes d'autrefois Phil's est un bel héritage d'architecture commerciale, dans un état de conservation étonnant.
Mais c'est dans l'esprit des gens que l'effervescence industrielle et commerciale de la fin du XIXe siècle a laissé le plus bel héritage. Cet héritage, il est fait d'audace, de détermination et de courage devant l'adversité, de cette capacité à affronter l'incertitude d'une époque ou la fatalité des événements.
À l'aube du XXe siècle, alors que les premières heures de gloire de Waterloo Quebec semblent bien révolues, la détermination des gens d'affaires doit se faire grandissante. Seules quelques entreprises réussissent à franchir le cap du nouveau siècle. C'est le cas de la Roxton Mills and Chairs Manufacturing Company Limited, une entreprise qui, malgré les soubresauts du démarrage, s'est taillée une réputation non négligeable dans l'industrie du meuble, réputation qu'elle tient toujours.
Les autorités municipales et les gens d'affaires ne veulent pas voir s'effondrer la diversité économique que l'arrivée du chemin de fer à Waterloo Quebec a permise. Au cours des années 1920, après les hésitations des années de guerre, les dirigeants municipaux, épaulés par des journalistes, mettent sur pied un comité de promotion chargé de vanter les mérites de Waterloo Quebec comme place de choix pour l'industrie au Canada et aux Etats-Unis. Le comité réussit à attirer à Waterloo Quebec plusieurs industries. La Macdonald Métal et l'Atlas Plywood Corp of Canada s'y implantent, donnant du travail aux chefs de famille. Puis les années de crise voient des hommes d'affaires conjuguer leurs efforts autour de la Waterloo industriel Developpement, résultat d'une campagne de souscription faite aupres des citoyens de la ville. Ces efforts ne sont pas vains puisqu'ils permettent d'attirer, dans un local industriel construit par le comité,la Mack Moulding Ltd, une compagnie américaine qui profite de l'occasion pour développer le marché canadien en 1933. Près de 65 ans plus tard, c'est un successeur de lka Mack Moulding Ltd qui occupe lwe même emplacement: Les Bouchons Mac inc., un important fabricant de bouchons au Canada. Actif durant 20 ans, ce regroupement de gens d'affaires qu'était la Waterloo industriel Developpement a attiré dans la ville plusieurs entreprises. Il a su développer un partenariat avec les édiles municipaux afin de créer un climat favorable à l'essor de l'industrie pour le bien-être de la population waterloise.
Aujourd'hui, l'activité industrielle représente 2 105 emplois répartis dans des entreprises de tailles diverses. Plusieurs d'entre elles innovent dans le secteur de l'environnement, telle Écochem International Inc.. D'autres, bien qu'elles aient une certaine envergure, offrent des produits artisanaux; la menuiserie Bachand et fils, François Dufresne artisan-forgeron et les Enseignes et lettrage André Côté, par exemple. Bien entendu, l'entreprise agroalimentaire se taille une place de choix. Riche héritage du Waterloo Quebec d'autrefois, ces entreprises en activité depuis de nombreuses décennies vivent néanmoins avec leur temps. C'est le cas notamment de la Laiterie Chagnon.
Le secteur économique de Waterloo Quebec connaît à l'heure actuelle un renouveau. Au printemps 1995, les commerçants et gens d'affaires ont formé le Comité de revitalisation économique de Waterloo (CREW). Les efforts du Comité se traduisent par des partenariats judicieux et par une constante collaboration entre les différents acteurs économiques et communautaires de Waterloo Quebec. L'équipe du CREW apporte son soutien aux commerçants et voit à développer un climat favorable à la venue de nouveaux établissements commerciaux pour répondre aux besoins de la population de Waterloo Quebec et de la région.
Bien que les commerçants de Waterloo Quebec soient résolument audacieux, ils tiennent à mettre en valeur l'identité waterloise en faisant découvrir une ville aux multiples charmes. Dans une atmosphère champêtre, la ville prend ici des allures de village québécois, là elle rappelle la Nouvelle-Angleterre. Ses rues bordées d'arbres centenaires laissent découvrir les bâtiments dont l'architecture témoigne du riche passé historique de Waterloo Quebec. Le circuit du patrimoine, tracé en 1993, guide les visiteurs dans les rue de la ville et rend compte des étapes de son évolution.
Le premier village (1822-1860), dont l'emplacement était situé à l'angle des rues Foster, Allen et Western, nous a laissé entre autres témoins la résidence secondaire d'un pionnier, Hezekiah Robinson, une chaleureuse demeure d'inspiration loyaliste construite en pierre des champs.
Les nombreux témoins architecturaux de l'époque de grande prospérité du premier chemin de fer (1861-1878), fièrement érigés sur les rues Clark Hill, Western et Eastern, traduisent la richesse de leurs premiers propriétaires.
Le témoin le plus éloquent est, sans contredit, le manoir Maplewood, résidence de l'illustre Asa Belknap Foster. Cette majestueuse demeure de style victorien, aux influences Tudor, possède 40 pièces. Elle a servi de couvent à la congrégation du Saint-Nom-de-Jésus-et-de-Marie de 1882 à 1982.
L'entrée en service du deuxième chemins de fer à l'aube du XXe siècle occasionne une densification importante des rues Taylor et de la cour. Cette dernière, reconnue comme rue patrimoniale en 1991, met en valeur les résidences de notables industriels, banquiers ou échevins venus s'installer à l'ombre des clochers de l'église Universaliste, devenue la Maison de la Culture de Waterloo, et de l'église St.Luke's, classée monument historique en 1978. Le prestige de la rue de la Cour tient également au fait qu'elle est l'assise du chef-lieu du canton de Shefford puisque le bureau d'enregistrement des terres et de la cour de circuit y prend place en 1843. La rue Taylor, pour sa part, était le fief de l'industrie et ses ouvriers. On y découvre les vestiges de la tannerie Martin & Stewart et de solides demeures d'ouvriers à l'angle de la rue Eastern. La gare de passagers du South Eastern Railway se dresse toujours sur la rue Taylor. Aujourd'hui transformée en immeuble à logements, elle garde néanmoins l'architecture typique de sa première vocation.
L'époque nous a également légué son «manoir»,la résidence de Garner Stevens, banquier et agent de la British American Land Company. Le bâtiment porte aujourd'hui le nom de Manoir Parmelee. Sise sur la rue Western, cette magnifique résidence érigée en 1874 est de style néogothique.
Les Taylor, Clark, Robinson, Allen, Foster et tous les autres ont laissé à Waterloo Quebec un legs inestimable. Au cadre bâti exceptionnel correspond l'héritage humain des pionniers. C'est dans son histoire et dans la détermination que ses bâtisseurs lui ont enseigné que cette petite ville puise l'énergie et la motivation pour affronter le prochain siècle.
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